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La pénurie de logements s’atténue à nouveau en 2017

En reprise continue depuis 2007, le taux de vacance a atteint 0,51% en juin.

Trouver un logement reste difficile à Genève, mais ce défi devient moins impossible qu'il ne l'était il y a une dizaine d'années. Selon le communiqué annuel de l'Office cantonal de la statistique, publié ce vendredi, le taux de vacance des logements a atteint au début de juin 0,51%. A ce moment, 1167 logements étaient proposés à la location ou à la vente sur le marché genevois, soit 963 appartements (dont 83% à louer) et 204 villas (dont 65% à vendre).

Indice phare pour mesurer l'acuité de la pénurie immobilière, le taux de vacance passe au-dessus de la barre du demi-pourcent pour la première fois depuis l'an 2000. On estime que la situation redevient saine à partir d'un seuil de 1,5 ou 2% selon les sources. Ce taux montre quelle proportion du parc immobilier est disponible pour être occupé. Cette statistique se distingue de celle des logements vides, c'est à dire des logis inaptes à recevoir des habitants car en attente de travaux.

De 1,58% en 1998, le taux de vacance genevois a sombré à 0,15% en 2004 ainsi qu'en 2006 avant de remonter régulièrement. En comparaison avec 2016, la bouffée d'oxygène se fait sentir essentiellement dans les très petits logements (studios ou deux pièces) ou les très grands (sept pièces ou davantage).

Secrétaire de la chambre genevoise immobilière et député PLR au Grand Conseil, Christophe Aumeunier offre son éclairage sur ces évolutions.

Comment peut-on qualifier la situation du logement à Genève en 2017 à la lumière de ce taux?

Nous sommes toujours en pénurie de logement, mais de façon beaucoup moins sévère. La hausse du taux de vacance s'accentue nettement depuis maintenant 18 mois. Et le tournus se renforce sur le parc immobilier. Selon les données en ma possession, un dixième des baux de logement sont résiliés chaque année. C'est un taux plus fort que celui qu'annonce l'Office cantonal de la statistique (ndlr, 8%).

Comment peut-on expliquer cette évolution?

Il y a une conjonction de facteurs. D'une part, on est enfin passé en dessus de la barre des 2000 nouveaux logements produits par an. On voit en outre l'immigration baisser, ce qui est lié à une situation économique contrastée, mais globalement en ralentissement, avec certains secteurs qui résistent mais d'autres qui sont en difficulté. Il y a une tendance générale: le taux de vacance des bureaux et des surfaces commerciales est aujourd'hui important, il n'est pas étonnant de voir les disponibilités croître aussi dans le secteur résidentiel.

Ce qui constitue une bonne nouvelle, non?

Oui, mais s'il est évidemment réjouissant de voir la pénurie de logement s'estomper, il faut toutefois espérer que la conjoncture économique ne va pas trop s'aggraver. La question fondamentale aujourd'hui est celle de l'attractivité genevoise. Et si on veut continuer à voir plus de 2000 logements sortir de terre chaque année, il importe que les investisseurs soient rassurés par les politiques quant aux conditions-cadres, notamment au sujet de la fiscalité.

Le taux de vacance des sept pièces ou davantage a grimpé à 1,62%. Voit-on leur prix reculer?

Si en théorie il faut dépasser les 2% de vacance pour mettre fin à la pénurie, on observe dans la pratique qu'un taux de 1,5% suffit pour fluidifier le marché. Je n'ai pas de données à vous livrer sur la catégorie que vous mentionnez. Mais on observe un effet global sur l'ensemble du marché: la localisation des biens et leur qualité ont à nouveau un impact sur les prix à la vente ou à la location, ce qui était devenu imperceptible il y a quelques années. Aujourd'hui, on loue moins cher à Chancy qu'au centre-ville, ce qui est fondamentalement juste et montre que le marché fonctionne à nouveau.

(TDG)

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